Rachid Ben Othman

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Prison ferme contre un couple pour un baiser – La Tunisie devient invivable ?

Quatre mois et demi de prison ferme pour un franco-algérien et trois mois de prison pour une tunisienne et la raison c’est de s’être embrassés dans une voiture.
On en est pas à la première arrestation et condamnation de ce genre en Tunisie qui considère qu’un baiser est un crime et une atteinte à la pudeur et non un acte d’amour. La seule chose je peux ajouter, car ce sujet je l’ai traité plus d’une fois et avons même en 2013 organisé la  » journée nationale des embrassades  » justement après une condamnation similaire sur un couple d’adolescents, c’est que nous sommes entrain d’anticiper notre descente en enfer, notre faillite et notre isolation avec ces lois de la honte, on ne doit plus chercher pourquoi on est déjà arrivé à cette décadence la réponse est bien devant nos yeux. Soit on change soit on est foutu et pour de bon 😔

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Voici les faits rapportés par l’avocat Ghazi Mrabet :

Elle est tunisienne. Cadre dans une entreprise à Tunis.
Lui est franco-algérien. Cadre dans une société marseillaise. Il est arrivé à Tunis le vendredi dernier vers 22h30. Il rejoint ses potes(avec sa petite valise) au Yuka à Gammarth. Il y retrouve son amie vers minuit. Ils commandent deux bières chacun. Elle n’en boit qu’une et demie. Ils quittent ensemble le Yuka à 2h. Ils s’arrêtent rapidement pour discuter sur la route touristique de Gammarth. Au bout de deux minutes, une voiture de police arrive. Les flics leur demandent leur pièces d’identité. Elle prend son sac. Elle remet sa carte identité. Le franco-algérien ne parle pas un mot en arabe. Son passeport est dans sa valise dans le coffre arrière. Les policiers lui crient dessus de suite, insultent et le font descendre de force. Il leur remet son passeport. Ils fouillent ses bagages puis la voiture partout même en dessous des tapis. Ils sont conduits au commissariat de police. Au bout d’une vingtaine de minutes, l’un des policiers vient vers eux pour leur annoncer qu’ils peuvent rentrer chez eux. Fin de l’histoire? Non! Elle vient de commencer. Le franco-algérien se croyant en France ou dans un film dit aux flics: « Vous pensez que ça va s’arrêter là? Je veux vos noms et vos immatriculations. J’ai l’intention d’en parler à mon ambassade. » Et c’est là que leur vie va basculer.
Un PV est rédigé de suite. Ils les lui font signer sous la menace. « Vous ne signez pas, départ pour la case prison  » Ils demandent à avoir l’assistance d’un avocat, de pouvoir contacter un proche. Rien. Tout leur est refusé. Ils insistent. Refus catégorique ponctué par des cris d’insultes. Ils finissent par céder et signent le PV. Ils sont transférés en matinée à la maison d’arrêt de Bouchacha. Ils y passent la nuit du dimanche. Ils comparaissent devant un substitut du procureur le dimanche à 9h du matin. Oui! J’ai bien écrit dimanche alors que la délai de détention est toujours en vigueur et une prolongation de détention préventive est possible. Le substitut du procureur les auditionne. Ce n’est qu’à cet instant qu’ils apprennent ce que la police leur reproche. Il mentionne le fait que le franco-algérien ne comprend pas langue arabe. Il qualifie les faits et décide d’émettre un mandat de dépôt contre les deux. Voici les charges retenues contre eux: atteinte à la pudeur, atteinte aux bonnes moeurs, ébriété sur la voie public, tapage, refus de se conformer à un ordre et outrage à un fonctionnaire public pendant l’exercice de ses fonctions. Ils passèrent trois nuits en prison, lui à la prison civile d’Elmorneguia, elle à la prison des femmes de la Manouba.
Leur audience s’est tenue hier devant la juge du tribunal cantonal de Carthage. Ils ont été défendu par deux avocats. Le franco-algérien a fini par avoir un traducteur. Au début de l’audience, le frère de la femme a pris la main de sa soeur pour l’embrasser longuement. Je n’oublierai jamais ce moment de tendresse et d’immense tristesse à la fois. La juge les a longuement auditionnés. Ils ont nié les faits. Ils n’ont reconnu que d’avoir bu une toute petite quantité de bière.Après délibération, la juge les comdamna à de la prison ferme.
2 mois pour les deux atteinte à la pudeur et 15 jours pour refus d’obtempérer à un ordre
15 jours pour la tunisienne pour état d’ébriété
2 mois pour le franco-algérien pour outrage à un fonctionnaire public et atteinte aux bonnes moeurs.
Soit au total 3 mois fermes pour elle, 4 mois et demi pour lui.
Au-delà des vices de procédures qui se ramassent à la pèle, rien de ce qu’a mentionné la police dans le PV n’est véridique. Une affaire montée de toute pièce. Une machine de l’enfer est mise en place. Une machine dont la police est le principal acteur trainant avec elle une justice dépassée, conservatrice, d’une autre époque. Une justice qui viole souvent les textes de loi et au meilleur des cas finit par user le justiciable. Ce même justiciable ne demande pas grand chose. Il veut tout simplement avoir à bénéficier de son droit.
Ces deux personnes sont victimes d’un système qui perdure malgré les avancées. Un système où la police confortée par une mentalité de plus en plus conservatrice rejette la construction démocratique et le progrès. Ce genre de violation de la loi n’est pas anodin.
Nos condamnés « pour un petit moment de discussion dans la voiture en fin de soirée  » ont fait appel de leur jugement. Une audience en appel aura lieu dans les prochaines semaines. Il faudra non seulement les libérer mais également les débouter parce que le dossier est vide juridiquement au delà des vices de procédures qui pourraient tout annuler.
Nos victimes comptent sur la mobilisation de la société civile. De chacun d’entre vous.

Ce qui arrive aux autres n’arrive pas qu’aux autres. Nous sommes les autres de demain.

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Liberté de conscience : Communiqué de la Ligue pour la Défense de la Laïcité et des Libertés

Suite à la campagne musclée et sans précédent qui vise les cafés ouverts la journée  durant le mois de Ramadan opérée par la police tunisienne, et suite aux agressions policières enregistrées à Tunis, Sfax et Monastir, nous condamnons fermement ces pratiques qui tendent à attiser la haine la discrimination au sein de la société et qui nuisent gravement à l’image du pays. Nous dénonçons énergiquement la répression policière intolérable contre ceux qui exercent leurs libertés. à qui nous apportons tout notre soutient.
 Nous constatons que la  situation est entrain de s’aggraver dans ce pays d’un coté les terroristes liés à Daech et la menace islamiste  mais d’un autre coté une autre forme de terrorisme est entrain d’émerger qui consiste à la chasse au non jeûneurs chose jamais enregistrée en Tunisie. C’est le choix de la répression que fait ce gouvernement. Les provocations et les violences témoignent d’une volonté délibérée de répression systématique pour attaquer les libertés individuelles  qui s’est exprimée à l’échelle nationale. Nous appelons le gouvernement à prendre les mesures adéquates afin de mettre fin à tous ces dépassements et de traduire en justice tous les responsables.
Nous exigeons des explications du gouvernement et du président de la république qui est lui le garant de la constitution sur l’application de l’article 6 relatif à la liberté de conscience qui à notre sens est resté encre sur papier.  Nous appelons au respect de cette constitution et à déclarer les lois les décrets et les circulaires d’avant 2011 relatifs aux libertés non constitutionnels par conséquent non applicables.

Le Président de la LDLL : Rachid Ben Othman